Jour 19 / Lundi 18 Octobre 

Kassos > Karpathos (Arkasa)
Distance: 20 km / 11 miles - 5h dont 6 km/2h de traversée très agitée
Vent: Sud-Est 5

Un combat de Titans ?

Nos 3 loustics sont ce soir à Arkassa, sur la côte sud-ouest de l'île de Karpathos.

Le poète Homère, mentionnant Karpathos, l'appelait « l'île des vents ». Longue de cinquante kilomètres, elle a entre six et dix kilomètres de large. Par sa superficie, c'est la deuxième île du Dodécanèse.



C'est une île montagneuse ; Le massif escarpé du Kali-Limni (1215 mètres) divise l'île en deux zones. L'une assez désertique et peu peuplée au nord ; l'autre bien irriguée et à plus forte densité de population, au sud.



Aujourd'hui, comme prévu, la fenêtre météo s'est refermée et les conditions favorables des jours précédents ont laissé place à un vent quasi contraire et fort (5 Bf), une mer agitée et des vagues d'une hauteur d'1,5 m, le tout sous un ciel chargé et pluvieux...

IMG_0060copie © T.Puyfoulhoux

5 heures de progression difficiles pour un petit 20 km de distance... Peut-on parler d'un combat de Titans (dans la mythologie, Karpathos était le lieu de naissance des Titans.) ?

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, ils en ont profité pour se payer un resto bien mérité...

La veille, nous nous sommes couchés sereins, avec des promesses de grasse matinée, l’air était doux, le ciel dégagé, la demi-lune éclairant déjà bien le paysage nocturne. Nous nous réveillons sous un ciel chargé qui se transforme rapidement en pluie, la mer grossissant d’heure en heure. Mise à l’eau à 12h; nous longeons les dernières falaises de Kassos avant de viser le cap Sud-Ouest de Karpathos. La pluie a ravivé les couleurs, les hauts-fonds dessinent une bande turquoise au pied des murailles, c’est somptueux. Nous nous engageons dans la passe de Kassos à la mauvaise réputation dans des creux de 2m et du vent de Sud-Est 5 presque de face; les fonds remontent brusquement ici passant de 600 m à 100 m en levant une sinistre houle. Il n’y a plus qu’à débrancher le cerveau et pagayer. 6 km en 2h, cela passe finalement vite, occupés que nous sommes à franchir ces montagnes russes. L’on se rend compte dans ces moments-là des extraordinaires capacités du kayak de mer, engin prodigieux d’agilité.
À cause d’une jupe trop grande, j’ai 20 litres d’eau dans le cockpit à l’arrivée. Promis, j’achète une pompe dès notre retour en France. Au Cap Agios Theodoros, nous remontons vers le Nord-Est en direction d’Arkasa. Ce n’était pas prévu mais nous avons été suffisamment secoués pour la journée. Nous sommes lessivés. La mer est soudain calme alors qu’elle se déchaîne encore à quelques centaines de mètres au large. Des pierres ponces venues de Nissiros dansent devant nos étraves. Nous montons le camp sur la terrasse d’un restaurant qui a fermé ses portes la semaine d’avant. Deux plagistes démontent les parasols, très lentement, il y a tout l’hiver pour finir le travail. Alternance de soleil, pluie, nuages, nos vêtements ne sèchent plus.
Le soir nous filons à Arkasa pour quelques courses et un resto bien mérité. Nous aurons beaucoup “mérité”, usé et abusé des restaurants durant ce voyage, 9 en tout. Nos conclusions: plus d’huile que de choix, mais quelle huile!
Le bourg qui semble construit pour les touristes allemands a des airs du village de la série “le prisonnier”, architecture récente, blanchie à la chaux, artificielle et vide. Au restaurant, que des allemands, la patronne aussi est allemande. À la table voisine, des locaux sirotent du Retzina-Coca avec leurs mezzés. Nous, nous commandons des cocktails, PE opte pour un “Sex on the beach”, étonnant qu’il soit en mal de beach, on dort sur le sable depuis trois semaines, à moins que ce ne soit...
Au retour, un chat peu farouche se prend d’amitié pour nous, il nous suit jusqu’au campement et passera le reste de la nuit à tenter de sauter dans nos hamacs.


Jour 20 / Mardi 19 Octobre 

Arkasa > Karpathos
Distance: 32 km/ 17 miles - 6h
Vent: Sud-Est 5 puis Sud 6 vers 18h

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle...

Ce soir, un message court, en provenance de Karpathos City, sur la côte sud-ouest de Karpathos island...
Hé oui, alors que nos trois loustics s'étaient déjà passablement engagés sur la côte ouest de l'île, ils ont finalement opté pour son contournement par le sud, prémices à une remontée le long de la côte orientale. Probablement par crainte de se faire coincer sur la côte occidentale réputée exposée à la mer et au vent, car essentiellement constituée de falaises et pauvre en abris.



Et en effet, sur cette zone, le vent devrait tourner cette nuit, passant du sud-est à l'ouest. Dans ces conditions, opter pour la côte occidentale engageait les 3 compères à boucler une navigation d'au moins 50 km dans la journée avant de pouvoir sortir de cette zone exposée. Avec la forte houle de ce jour, ce n'était probablement pas la meilleure solution.

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En prenant par le sud, puis par l'est, ils devraient bénéficier, dès demain, de conditions plus clémentes pour rejoindre la pointe septentrionale de Karpathos. En revanche, aujourd'hui, ils ont du se coltiner - tout à la pagaie et pendant 6 heures - une mer difficile, avec des creux de 2 m et du gros clapot, sous un ciel irrémédiablement gris...

apn, gps et sms
apn et gps sont dans un bateau et tombent à l’eau

Il a beaucoup plu dans la nuit, on ne distingue plus Kassos pourtant distante de seulement 7 km. Un gros clapot sévit le long du Cap Kastelo et toujours cette pluie... Le petit vent de Sud-Ouest est inexploitable, les voiles se dégonflent dans les creux. La mer est noire, hachée, désagréable, le ciel plombé, nos cerveaux sur “off”. Une carcasse de cargo ajoute à l’ambiance. Ce paysage doit être si beau sous le soleil.
Fin de journée, baie de Karpathos, nous avisons une plage et un bivouac potentiel à deux pas de la ville où nous devons absolument nous ravitailler. Le temps de prévenir mes équipiers qu’il faut être prudent car les vagues déferlent, j’illustre mes propos par un involontaire “side surf” direction un quai de béton dépassant à peine de l’eau et ... je dessale (quel drôle de mot).
Des affaires flottent çà et là. La pélicase a pris l’eau; camera, apn, rendent leur dernier souffle. Le gps étanche fera de même par solidarité électronique. Le panneau solaire montre aussi des signes de corrosion. Craignant pour mon honneur, je fais promettre le silence à mes équipiers sur cet événement fâcheux.
Fidèles à nos habitudes, nous montons le camp sur la terrasse d’une taverne fermée. Les spaghettis sont en train de cuire quand le propriétaire débarque avec son 4x4 et son air méchant. Nous devons déguerpir immédiatement sous la pluie et dans la nuit... Nous trouvons rapidement refuge dans un hôtel en construction et allons nous remonter le moral en ville avec un huitième resto.


Jour 21 / Mercredi 20 Octobre

Karpathos > Saria
Distance: 42 km / 23 miles en 8h45
Vent: Sud-ouest 3 puis 4. Il fait 24°

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Aujourd’hui, navigation très au large des belles côtes de Karpathos pour profiter au maximum du vent de Sud-Ouest, 3/4 arrière. Nos comptons bien revenir ici un jour afin de vraiment déguster ces paysages. À l’approche de Saria, petite île inhabitée et séparée de Karpathos par un corridor, 140m au plus étroit, on distingue au Nord-Est, un champignon de cumulus qui trahit la présence de Rhodes.
Nous dormons ce soir à Palatia Cove et sa dizaine de tamaris centenaires aux troncs noueux comme des oliviers, les plus beaux que nous ayons rencontrés; nous sommes maintenant experts en tamaris. Un puits, un abreuvoir pour quelques moutons, des ruines et un sentiment de bout du monde. Nous désirons fort que la météo d’après-demain soit clémente pour rester ici toute une journée à goûter le charme et la paix du lieu. Le sms de Mika tranche: il faut se hâter de traverser vers Chalki, du Nord-Ouest 4 est annoncé. Argh!


Jour 22 / Jeudi 21 Octobre 

Saria > Chalki
Distance: 50 km/ 27 miles - 9h dont 49 km de traversée à la voile.
Vent: Ouest 2

Mer belle à saisir avant fermeture annuelle !

Mais où étaient donc passés nos 3 gugusses ces dernières 48 heures ??



Hier, dans la soirée, ils avaient rejoint Saria, une petite une île volcanique de 8 km de longueur située au nord de Karpathos. Leur message ne donnait aucune information sur le déroulement de la journée, pas plus que sur l'île en question. En revanche, le trio semblait vouloir profiter des lieux pour une journée supplémentaire... Nécessité de se reposer après toutes ces journées de navigation ?? Ou bien le coin méritait-il tout simplement une exploration approfondie...?

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Le secteur est, semble-t-il, assez mal référencé sur Google. Difficile d'y trouver des informations concernant ce bout de caillou de la mer Egée (sinon que l'on peut y voir les ruines de l'antique cité de Nisiros). Même sur Google Earth, pas de photos qui méritent un lien vers ce fantastique blog !!
IMGP0141copy © P.E.Viguier

 Toujours est-il que le routeur météo s'en est mélé... Selon lui, il ne fallait pas lambiner une demi-journée de plus dans les parages... Toujours la sacro-sainte fenêtre météo, évidemment (celui-là, sa fenêtre, je me demande si je ne vais pas la lui fermer une fois pour toute...). Elle ne serait ouverte qu'aujourd'hui jeudi.... avant de se refermer dans la nuit suivante... Et alors, que se passerait-il après ?? Ah, c'est sûr que ça serait ballot si nos 3 compères étaient bloqués là-bas pour cause de fermeture annuelle...

Bref, les conseils rabats-joie du routeur ont eu raison des désirs de farniente de notre petite troupe. Ce matin, "à l'heure où blanchissait la campagne", Il s'élançaient, coeur vaillant, dans l'ultime grande traversée de cette odyssée, sur les flots bleus et pour une fois calmes du stenon Karpathou (le détroit de  Karpathos). Après avoir souqué ferme, puis profité d'un doux zéphyr venu caresser leurs gréements, ils touchaient terre à Chalki, quelques 49 kilomètres plus au nord et 9 heures plus tard. Avec, dans leur musette, l'observation de 5 dauphins !

Demain, ils devraient rejoindre la maintenant toute proche île de Rhodes...

Chalki clair calcaire

Il est 4h30. Attirés par nos frontales, des centaines de moucherons encerclent nos têtes. Régulièrement chacun éteint sa lampe en espérant que la meute s’en ira harceler le voisin. À l’embarquement, ils nous suivent sur quelques centaines de mètres puis nous abandonnent, ils ne veulent pas quitter Saria, on les comprend. Le plancton phosphorescent fait des moustaches à nos étraves.
Par deux fois nos croisons des dauphins se dirigeant vers Saria. Dans la semi-obscurité, deux pétrels nous ont rasés de près à presque nous toucher. Quelques cargos au lever du jour, Rhodes à notre droite, les voiles bordées, le bleu profond du ciel et la joie d’être en mer. Chalki se rapproche, clair calcaire qu’une maigre végétation tente de conquérir. Des insulaires se déplacent en amazone sur leurs ânes. L’atmosphère y est moyen-orientale. Chalki est un joli port à la douce indolence, ses eaux sont cristallines et poissonneuses. Le village est un mélange de ruines et de de petites maisons de poupées carrées à un étage, aux nombreuses fenêtres et aux couleurs vives. Les rues sont dallées et les voitures ne passent jamais la quatrième.
En nous baladant de nuit, nous traversons des nuages de senteurs que nous nous amusons à identifier: un eucalyptus, des lapins, du romarin, un jasmin et un bouc. Nous passons une nuit paisible à l’abri du vent malgré les coqs qui chantent toute la nuit déboussolés qu’ils sont par la pleine lune.


Jour 23 / Vendredi 22 Octobre 

Chalki > Rhodes (Karimos)
Distance: 33 km / 18 miles
Vent: Nord 3 puis Nord-Ouest 4

Ni Charybde ni Scylla... Court message car peu d'infos transmises...

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Ce matin, la petite troupe prenait le temps de s'offrir un petit dej roboratif dans le joli petit village de Chalki, sur l'île du même nom. Vers 11 heures, ils reprenaient la mer et slalomaient entre les îlots d'un petit archipel, cherchant l es vents portants afin de progresser au maximum sous leurs petites voiles...

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Après avoir contourné l'île d'Alimia, ils atteignaient enfin les rivages de Rhodes. Ils sont ce soir dans les environs de Kalavarda, sur une plage plantée de tamaris entre lesquels ils ont pu tendre leurs hamacs...

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La nuit devrait être reposante !

Le Grec à l’archéologie dans le sang

Au petit matin, PE s’est rendu au village nous chercher des pâtisseries. Nous traînons au lit jusqu’à 9h et embarquons finalement à 11h. Un petit Melthem d’automne nous force à raser les côtes Est pour rester à l’abris, puis nous montons les voiles en quittant Alimia direction Rhodes.
Nous comptions initialement éviter cette côte Ouest de Rhodes sale et inintéressante en tirant directement sur Symie mais la meteo en décide autrement. Pimprenelles épineuses, sauges, romarins, chicorée épineuse; si la végétation nous enchante, on a aussi l’impression que tous les déchets de la Mer Égée se retrouvent ici.
Fier de son glorieux passé, le Grec a l’archéologie dans le sang. En balançant obstinément toutes sortes de détritus dans les fossés, les rivières, et la mer, il œuvre pour les générations futures qui sauront grâce à lui qu’à notre époque nous utilisions abondamment le plastique et le polystyrène. Cette partie de Rhodes est à n’en point douter un futur chantier de fouilles.


Jour 24 / Samedi 23 Octobre 

Karimos > Port de Rhodes
Distance: 35 km / 19 miles - 6 heures, les 2/3 à la voile
Vent: Nord-Ouest 3

Complètement à l'Est, Fin du périple. Splendide ! Ce vendredi soir, nos Ulysses peuvent avoir le SMILE!

Ils achèvent ce jour même leur ambitieuse navigation Dinaro-Taurique (l'arc Dinaro-Taurique est une longue dorsale montagneuse, née de la rencontre des plaques continentales africaine et eurasienne, et qui s'étend des Alpes Dinariques - Grèce continentale et tous les Balkans occidentales - au Taurus, massif bordant le sud de l'Anatolie, en Turquie. Dans sa partie centrale, dite hellénique, cet arc est précisément constitué des îles montagneuses que nos 3 amis ont longé...)

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La dernière étape ne fut pas la plus palpitante du voyage : la côtes nord-ouest de l'île de Rhodes n'est qu'une litanie de "plages à parasols" qui ne présentent aucun intérêt, sinon de concentrer une quantité notoire de chair fraiche savamment grillée au soleil...

En revanche, la ville de Rhodes et sa belle cité médiévale méritaient que nos compères y achèvent leur... colossale navigation à l'endroit même où fut bâtit le fameux Colosse de Rhodes...

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Et parce qu'ils le valent bien, ils ont été accueilli en héros au club nautique de la ville : douches chaudes et hébergement leur ont été gentiment offerts.

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Nos 3 lascars ont pris la décision de ne pas aller chatouiller les gardes-côtes turques et renoncent donc à mener une dernière "offensive" jusque sur les terres d'Atatürk.

Peu importe, le "smile" est total, encore un grand bravo à eux...

Le retour devrait débuter ce samedi ou dimanche. Il leur faudra encore un peu de patience pour traverser la Mer Égée en sens inverse (en ferry... ça devrait tout de même être un peu plus rapide qu'en kayak...) afin de retrouver leur véhicule laissé à la pointe sud du Péloponnèse et ensuite prendre la route du retour.

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Patience aussi pour les proches. Mais on compte sur vous pour les accueillir comme il se doit !

Merci à vous qui avez suivi ce périple et encouragé nos 3 lascars (vos messages sont désormais édités sur le blog).

En maraude à Rhodes

Dernière journée de navigation. Les déferlantes nous distrayent de ce paysage de serres, l’eau est toujours aussi turquoise, c’est une constante en Grèce. Symie et la Turquie que nous souhaitions initialement rallier sont là à 20 km à notre gauche.
À l’entrée du port de Rhodes, après l’obligatoire photo devant le cerf et la biche trônant sur leur colonne, nous débarquons au club nautique dont les moniteurs nous proposent gentiment une douche et la garde de nos bateaux. Nous aurons parcouru 745 km à la moyenne quotidienne de 31 km. Partis à la latitude de 36°30'40", nous arrivons à Rhodes: 36°27'02", le Smile, c’est le nom de notre expédition, est presque symétrique.
La journée s’achève en visite de la ville médiévale, merveille architecturale ou se tiraillèrent durant des siècles orient et occident. Dans une ambiance de médina, nous slalomons entre les rabatteurs des restaurants et les boutiques de souvenirs.


Message de Thierry.

Jour 25 / Dimanche 24 Octobre

Le Pirée à venir  Nous avons dormi sur le béton du club de voile couchés sous des dériveurs. Réveil au son d’une fanfare militaire puis des cloches de la messe, on est dimanche. Un pêcheur nourrit une aigrette de petits poissons qu’il capture à la ligne. Après un copieux petit déjeuner arrosé de café frappé, nous allons visiter le quartier turc et le château des chevaliers. Renseignement pris sur le prochain ferry à destination du Pirée, il nous reste tout juste deux heures pour plier bagage et embarquer à 17h. Traversée précipitée du port à la pagaie, escalade du quai et sortie acrobatique des kayaks à l’aide de sangles devant le ferry.


Lundi 25 Octobre, 6 heures du matin, arrivée au Pirée depuis Rhodes.

Après quelques recherches sur le port et sur internet, la location de voiture s’avère bien trop chère et le ferry pour Cythère ne part que Mercredi.Je tente de rejoindre Kifissou,la gare routière, par le bus mais personne ne parlant anglais et la signalétique des lignes (de bus) étant quasi inexistante (dans une ville qui a accueilli les J.O.) je saute finalement dans un taxi; l’autocar pour Neapoli est à 13h15. Arrivé à Néapoli à 20h, j'achète quelques bananes et retour au Pirée à 1h du matin. On charge la voiture et en route; orage diluvien sur Athènes, les avenues sont devenues des rivières et des lacs, les poubelles dérivent comme des radeaux. On se couche à 50 km de Patra vers 5h. Réveillés par les flics à 5h 40, ils s'inquiétaient de nous voir couchés par terre au bord de la route. Même les flics sont sympas dans ce pays, c’est dire... Super timing finalement. Les grecs, toujours aussi accueillants, un seul c... sur 25 jours (le pourcentage est beaucoup plus important concernant les touristes). Cette bourique nous a fait plier le camp en pleine nuit et sous la pluie, quelques heures après que je me soit pris un bain au débarquement en noyant le GPS, la camera et l'apn...

Bref nous voici de retour à la maison.

Mika s'est vraiment défoncé pour broder autour de nos malheureux SMS, chapeau à lui!


Quelques explications sur notre renoncement à toucher la Turquie

Nous avons terminé notre périple au port de Rhodes à 20 km des côtes Turques. Les vents sont annoncés contraires pour les jours à venir, la météo se dégrade lentement, oui l’automne est bien là. La perspective de revenir sur nos pas pour prendre un ferry à Symie à destination de Rhodes ne nous plaisait guère. Nous avions à l’idée dès le début de cette aventure que toucher Karpathos serait déjà en soi une réussite. La Turquie mérite plus que d’y poser un pied et d’en repartir, Symie est absolument à voir mais elle peut s’inscrire logiquement dans un voyage le long de la côte Turque ou dans une découverte du Dodécanèse à la pagaie. Bref, de mauvaises excuses sans doute mais de bonnes raisons pour revenir “Rhoder” dans ce coin de la Mer Égée.

Ayant coupé de nombreuses baies, la météo ne permettant pas toujours de caboter sereinement, nous aurons finalement navigué 745 km, soit une moyenne de 31 km journalière (16,73 miles pour les marins).

Mais un voyage en appelle un autre et nous sommes sensibles au chant des sirènes...