Jour 5 / Lundi 04 Octobre
Anticythère
Distance: 0 km
Vent: Nord-Est/4

Longue attente avant de s'envoler...

Des news fraîches de notre trio : ne souhaitant manifestement pas se mettre à dos tous les dieux, les nymphes, les humanités sauvages, les monstres marins et autres anthropophages du secteur pour dix longues années, les amis ont pris la sage décision d'attendre sur les côtes de leur caillou isolé...

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Après avoir récupéré des efforts des jours passés, ils se sont rendus en 1 h 30 de marche à pied à Potamos (à l'autre extrémité de l'île - seul bled du coin avec une épicerie fine...)  et ont refait le plein d'eau pour les jours à venir... Rare animation du séjour : une rencontre avec des ornithologues de divers pays venu ici compter les oiseaux migrateurs.

La prévi météo annonce encore beaucoup de vent pour demain Mardi. Mais une fenêtre météo se dessine pour Mercredi. Croisons-les doigts !!

En attendant, ne restons pas là à ne rien faire et allons-nous promener :

  sur Anticythère : http://www.antikythera.gr/en/

  sur Cythère : http://www.kythera.gr/photos/?level=collection&id=2

7h, le ciel à l’Est est orange vif. Après presque deux heures de marche, nous arrivons à Potamos. Salade grecque évidemment, ragoût de chèvre arrosé de Retzina local. Comme beaucoup de grecs dans les îles, les patrons du restaurant ne sont là que pour la saison. Ils retournent bientôt passer l’hiver au Pirée. Nous discutons avec Iannis le maçon et Andrikos le médecin de l’île qui semble gravement s’ennuyer. Fonctionnaire, il alterne les factions avec une collègue: un mois à Patra, un mois ici. Au bout d’un moment, il prend congé de nous pour aller jouer, dit-il, du bouzouki. On ne sait si c’est une blague servie aux touristes tant le cliché nous semble gros.
Vers 18h, le vin cuvé et le repas digéré nous rejoignons notre tanière. Un air traditionnel s’échappe d’une des maisons aux volets clos; c’est celle du médecin.
Petit détour au passage par Kamarela, la plus grande des trois plages de l’île: 5 mètres de large. Nous y croisons un couple d’anglais. Ils viennent ici passer leurs congés à observer la migration des oiseaux avec d’autres passionnés issus des quatre coins de l’Europe. Ils tendent des filets dans les oliviers et patientent, assis sur une chaise avec leur appareil photo, celà pendant trois semaines.


Jour 6 / Mardi 05 Octobre - Anticythère

Vent: 4 Nord-Est faiblissant

"Taquinage" de minous et évasion d'Anticythère par la fenêtre météo...

Pas de surprise en ce jour : nos 3 Pieds Nickelés, toujours en résidence surveillée sur Anticythère, ont fait leurs 4 heures de marche quotidienne par 26 °C (à l'ombre, s'entend, mais il n’y a pas d’ombre) pour aller s'offrir une Mythos - bière locale - et un salade grecque au bled. Ils en ont profité pour discuter le bout de gras avec les villageois et taquiner les minous... j'entends par là caresser les matous (les chats sont une institutions en Grèce...).

Une fois rentrés à leur port d'attache, c'est hamac, lecture, baignade, re-hamac, re-baignade (ah qu'Ulysse a la vie dure...). Ce soir, cuisine sur le feu, les crottes de biquettes faisant office de combustible.

Demain, trêve de plaisanterie, les affaires sérieuses reprennent, la fenêtre météo est bien là mais ne s'éternisera pas - un nouveau coup de vent (le trop fameux Meltem) se prépare à l'horizon nord. En effet, le détroit de Cythère / Anticythère, et davantage encore celui de Kassos à l'est de la Crète, forment des corridors naturels dans lesquels le vent du nord s'engouffre et s'accélère, rendant aléatoire et incertaine toute navigation dans ces eaux, tout au moins pour des embarcations légères.

Gageons que le départ se fera nuitamment afin d'avaler les 30 km de pleine mer qui les séparent de l'îlot d'Agria Gramvoussa, escarpement rocheux situé à quelques encablures de la pointe nord-ouest de la Crète, dans les meilleures conditions possibles.

Une mer de 3 Beaufort et un vent de nord-est faiblissant les attendent sur ce tronçon. Une situation qui pourrait leur permettre de progresser sous gréements.

Nous ne verrons aucun des 175 habitants de l’île aujourd’hui. Un peu de réparation: sacs étanches, dérives et trappes qui fuient. Sieste, lecture, sieste, musique, sieste. Une tentative pour aller à pied au phare de la pointe Sud tourne court: pas de piste. Essai concluant d’un nouveau combustible pour notre réchaud à bois: des crottes de chèvres, la calanque en est tapissée. 


Jour 7 / Mercredi 06 Octobre 

Anticythère > Rapanas
Distance: 50 km / 27 miles dont 1h à la voile de 6h10 à 17h20 avec 3h20 de pause
Traversée: 34 km / 18 miles
Vent: nul puis Ouest 2 vers 14h


Ils sont tombés sur la Crète ! Nos mousquetaires sont en Crète, bravo à eux !

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Il leur aura fallut 6 heures et quelques coups de pagaies pour venir à bout des 30 km de traversée ; les voiles, quant à elles, sont restées sagement pliées sur les ponts des kayaks... Mais une surprise de taille est venue agrémenter la navigation : une visite très rapprochée de 3 "petits" cachalots de 10 m (petits, car les mâles adultes peuvent dépasser les 18 mètres de long) !

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Pour en savoir davantage sur l'écologie et la répartition de cette espèce, cliquez ici.

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Différentes campagnes de recensement, menées de 1997 à 2002 sur l'ensemble du bassin Méditerranéen, montrent une augmentation marquée de la fréquentation des cachalots vers l’ouest du bassin occidental, notamment le long du talus continental du Golfe du Lion et jusqu’aux îles Baléares.


L’abondance de cachalot est relativement modérée en mer Ionienne / Egée, avec 0,9 cachalots entendus/100km, tandis que la mer Tyrrhénienne (délimitée par Corse - Sardaigne - Sicile - péninsule italienne) et la mer d’Alboran (extrémité ouest Méditerranée - détroit de Gibraltar) apparaissent comme des régions peu fréquentées par l’espèce pendant l’été. Voir .

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Une fois parvenus à l'extrémité nord-ouest de la Crète, nos amis ont visité le fort vénitien de Gramvoussa, baignées par les eaux bleu lagon de la splendide baie de Balos (des photos ici), avant de poursuivre leur chemin une quinzaine de km plus au sud...

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Demain, ils ne devront pas trainer en route s'ils souhaitent virer le cap sud-est de l'île avant l'arrivée du coup de vent prévu. Au-delà, ils seront assurés d'une navigation tranquille car très abritée des vents du nord...

Omaha Beach à Gramvousa

Commencée avant le lever du jour, la traversée est des plus “flat” et monotone hormis quelques poissons volants et un banc de bonites. Soudain, une petite tache au loin nous sort de notre coma. Celle-ci se rapproche et l’on peut même distinguer des panaches de vapeur, ce sont bien des baleines. Aussi curieuses de nous que nous le sommes d’elles, elles se rapprochent. Ce sont 3 cachalots dont nous estimons la taille à 10 mètres. Collés les uns aux autres, ils nous tournent autour pendant dix minutes, passant parfois à deux mètres de nos embarcations. Le jeu pourrait se poursuivre longtemps mais nous sommes encore à une heure de Gramvoussa, le lagon qui marque la pointe Nord-Ouest de la Crète. Aussi nous reprenons notre route, redynamisés par cette rencontre inattendue.
Entrés dans la baie de Gramvoussa, hormis un voilier qui finit de lever l’ancre, nous nous croyons seuls au monde. 10 minutes s’écoulent quand un bateau de croisière décharge ses 200 touristes, des italiens principalement, les plus bruyants dans le genre. Ils ont une heure pour se tremper les fesses et visiter au pas de charge, pour les rares courageux, l’ancienne forteresse vénitienne. Immanquablement, des gosses s’asseoient sur nos kayaks avec la bénédiction de leurs parents. D’un coup de corne de brume, j’abrège d’un quart-d’heure l’escale de nos aliens. Tous croient que le navire sonne le rappel et la plage se vide instantanément. Après cette invasion barbaresque repoussée par la ruse, Tristan fouille la plage. La récolte est bonne: un pantalon, un porte-monnaie rempli, deux shorts, un slip de bain et un frizzbee.
Il est encore un peu tôt pour bivouaquer, nous repartons donc pour deux heures de navigation le long de belles falaises. Rapanas, fin de notre étape est une zone de serres sans grand charme mais il s’en dégage néanmoins une impression de calme très crétois et tous les ingrédients propices à un bon bivouac sont là: tamaris, bruit des vagues, tiédeur de la nuit. Nous fêtons ce soir notre arrivée en Crète en engloutissant une triple ration d’aligot lyophilisé arrosée de génépi, yeah!


Jour 8 / Jeudi 07 Octobre

Rapanas > Paleochora (Plage Est)
Km parcourus: 40 km / 21,5 miles dont 20 km à la voile
Vent: Nord-Est 3. Il fait 24° à 7 heures.

Spectacle sons et lumières !

Ce soir, nos trois pagayeurs ont franchi le cap Elaphonisi qui marque le point d'inflexion entre les côtes occidentales et méridionnales de la Crète. 7 heures de progression sous voile et à la pagaie auront été nécessaires pour couvrir cette nouvelle étape de 40 km.

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Manifestement, la météo du jour fut instable et orageuse, à tel point qu'ils profitèrent d'un puissant spectacle sons et lumières (pluie, vent, éclairs) pendant un dizaine de minute. Ils ne sont pas sortis totalement indemnes de la "bataille" puisque 2 de leurs mats de voiles ont plié sous les rafales. Toutefois, les dégats semblent minimes et les gréements malmenés restent opérationnels.

Cette nouvelle longue étape leur permet de sortir de la zone exposée au coup de vent qui est en train de se mettre en place, à cette heure, sur le détroit d'Anticythère et au large de la côte occidentale de la Crète. Là, le vent devrait atteindre 8 Beaufort (grosses lames déferlantes, tourbillons d'écumes à la crête des lames, trainées d'écumes ...) durant la nuit ...

En revanche, pas d'inquiétude à avoir pour nos amis qui, pendant quelques temps, devraient longer une côte relativement bien abritée des vents du nord. Ce soir, ils sont à Paleohora et s'offrent un petit resto !

La section naviguée ce matin est agréable et regorge de plages bordées de tamaris.
Passé Elafonisi, haut lieu du tourisme “crème solaire”, un orage qui nous suivait en catimini finit par nous rattraper. Comme le vent est arrière, nous ne plions pas nos voiles curieux de connaître les limites de nos engins et les nôtres par la même occasion. Sous les assauts de la pluie battante, la surface de l’eau se met à crépiter, les bateaux prennent une soudaine accélération; pas d’affolement, la côte est proche et il y a des petites plages entre les falaises pour éventuellement y trouver refuge. Après quelques minutes de ce tohu bohu les mâts finissent par plier n’empêchant pas les voiles cependant de continuer à nous pousser. L’épisode dure 5 minutes, aussi bref qu’intense. L’air soudainement saturé d’humidité exacerbe les odeurs, nous sommes enveloppés de vapeurs d’origan: sublime!
Le coup de vent de Nord annoncé en mer Égée est en train d’arriver. Il a franchi les sommets crétois, passe loin au dessus de nos têtes, protégés que nous sommes par les montagnes, mais au large on peut voir les vagues déferler.
Enfin voici Paleochora. Nous y débarquons alors que le vent prend encore de la puissance. Le soir, repas à l’Oriental Bay (publicité gratuite), le meilleur restaurant de notre séjour, à 50 mètres du bivouac pour un archétype de menu touristique: ouzo, tzatzikis, féta épicée, olives, salade crétoise, moussaka, baklava.


Jour 9 / Vendredi 08 Octobre
Paleochora, Plage Est > Gialiskari Beach
Distance: 3 km / 1,6 miles. Nous embarquons à 8h30
Vent: Nord 5


 

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Hellène... et les garçons

Arrrgh ! La réalité météo du jour a fait mentir mon optimisme de la veille... qui se basait sur le bulletin annoncé par le système Poséidon - je sais, c'est mal de dénoncer... Lequel est aujourd'hui inaccessible, pour cause probable de trop de trafic, non pas en mer, mais sur la Toile. C'est que le coup de vent doit intéresser les encore nombreux plaisanciers qui profitent de l'arrière saison grecque...

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Bref, les garçons (Eh oui, hellène... et les garçons... bon d'accord) ont progressé de quelques 3 km aujourd'hui avant de décider de retirer leurs tabliers de galériens, tant le vent de face soulevait une mer devenue dangereuse (5 à 6 Bf).

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Bon, c'est vrai, la vie de kayakiste, ça n'est pas rose tous les jours : obligés d'installer un nouveau bivouac à seulement 3 km du précédent... Pire : obligés de revenir sur leurs pas, histoire de refaire bombance au resto où ils ont si bien mangé la veille... Tout cela dans quelque coin minable de la planète. Jugez-en par vous-même - âmes sensibles, s'abstenir, les autres, venez voir ici !...

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Partie occidentale de la Crète (vue aérienne depuis le sud-ouest)

Photo extraite du site www.villamarise.com

Un fort vent de Nord mais tiède à soufflé toute la nuit et alors que nous embarquons il continue de forcir. Après une heure de lutte nous jetons l’éponge sur une magnifique plage de gravier aux eaux émeraude, garnie de blocs de poudingue et de grès rouge. Les gérants du lieu sont en train de démonter les parasols à raison de 5 par jour.
Bilan de la journée: 3 km pagayés. Pour nous remonter le moral, retour au resto de la veille en longeant la mer par une belle piste de sable qu’empruntent de nombreux randonneurs à pied plutôt âgés. Le soir, nous squattons une paillote qui fait salon de coiffure durant l’été. Tous les accessoires sont encore là, il y a même l’eau courante. Trois transats que nous avons récupérés sur la plage remplissent tout l’espace. Sous les assauts du vent, nous nous blottissons dans nos duvets en attendant des jours meilleurs.


Jour 10 / Samedi 09 Octobre

Paleohora > Agios Pavlos
Distance: 30 km / 16 miles de 11h à 16h30
Vent: Nord-Est 3


L'art de savoir pratiquer le "rase-cailloux"...

Après une matinée encore un poil ventée, notre boys band préféré a bénéficié de conditions en tous points idéales pour rallier la petite bourgade d'Agia Roumelie, située à l'extrémité sud du parc national de Samaria.

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Samaria, c'est également le nom des célèbres et très touristiques gorges qui entaillent le plateau d'Omalos et débouchent sur la côte à hauteur d'Agia Roumelie. Avec 16 km de long, elles figurent parmi les plus longues d'Europe - seules les gorges du Verdon en France les dépassent. Elles sont bordées de parois rocheuses verticales parfois hautes de 600 m et qui, à l'endroit le plus étroit, nommé « Les portes de fer », ne forment qu'un passage large de 3 à 4 mètres.

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Selon les infos du trio, la "nav" du jour fut de toute beauté, notamment après avoir dépassé le village de Sougia (photo de la Baie de Sougia). Au-delà, la côte devient particulièrement escarpée ; c'est que le Mont Pachnès, point culminant - 2453 m, deuxième plus haut sommet de Crête - des Lefka Ori ou massif des Montagnes Blanches (carte topographique de l'île), ne se situe qu'à quelques kilomètres de la mer de Libye.

Imaginez donc un peu le paysage : une eau couleur émeraude et des falaises dominées par d'abruptes forêts de pin d'Alep. Dans un tel cadre, on "lève le pied", on "réduit la voilure" ; hors de question de couper entre 2 caps, d'abattre du kilomètre, de "bouriner" comme des ânes... On privilégie le "rase-cailloux", on visite méthodologiquement les coins et les recoins, on pénètre l'obscurité fraîche des grottes marines, on se malmène les cervicales à évaluer la hauteur des falaises... Tout le charme du kayak se trouve là, dans la possibilité qu'il offre de flirter avec le rivage...

Ce soir, le bivouac sera... cavernicole ! Oui, rien de mieux qu'une grotte pour garder la tête froide !

Le vent est toujours aussi fort et il tombe quelques gouttes. Nous chauffons nos mâts d’aluminium sur un réchaud pour les détordre. Un pied de mât a également fait les frais de l’orage d’avant-hier. Nous le recollons à l’époxy. Un message de Mika nous fait espérer du Nord-Est 2 vers midi: get ready ! Enfin vers 11h nous pouvons embarquer.
L’étape, superbe, longe les Montagnes Blanches (les Lefka Orfi) qui tombent ici de 2000 mètres dans la Mer de Libye. Pourtant habitués des Alpes, ces pentes nous étonnent par leur raideur. Aux alentours des Gorges de Samaria, les grottes en réseau prolifèrent, autant d’invites à de merveilleux bivouacs. Il faudrait rester ici 2 semaines. Beaucoup de ruches peintes en bleu dominent de petites plages, l’apiculteur doit faire sa tournée en bateau tant ces coins semblent inaccessibles. De grandes faces de grès rose finissent en pentes de sable gris après avoir traversé des forêts de pins d’Alep. Tout ça vient mourir dans une eau émeraude en longues et profondes plages de graviers parsemées de blocs de poudingue semblables à des jardins zen. De-ci de-là, des galets de silex bicolores, striés, pointillés, piquetés, zébrés, comme autant de bijoux. D’abondantes laisses de mer ceinturent le haut des plages. Ici les arbres meurent de vieillesse. De pesants rondins de pins, roulés et polis par le ressac, embaument encore la résine. Ce bois ne flotte pas tant il est dense.
Nous bivouaquons sous un surplomb de poudingue parmi les myrtes et les lauriers roses qui poussent ici à l’état sauvage. Des pimprenelles épineuses exhalent leurs essences camphrées. Les galets, piégés pendant des millénaires dans leur gangue de grés sont lentement restitués à la mer qui les a fait naître. Je ne veux plus partir d’ici.


Jour 11 / Dimanche 10 Octobre 

Agios Pavlos > Plakias
Distance: 38 km / 21 miles de 9h à 17h25 avec 1h15 de pause
Vent: tout l’après-midi Sud-Est 3 de 3/4 face + creux de 1m


Ça trime, même le dimanche !

Belle progression, ce jour, de l'Affaire Louis Trio, qui, en dépit d'un vent de face de force 3, d'une mer encore et toujours agitée (des creux d'un mètre), de l'apparition de la pluie et d'une petite baisse du thermomètre - n'a-t-il pas fait plus chauds en France qu'en Crète ces deux derniers jours ?? - a tout de même avalé (et sans broncher !) ses 38 bons kilomètres... Bon Dieu, mais pourraient quand même respecter la pause dominicale...

IMGP0062copy © P.E.Viguier

Ils sont ce soir à Plakias, ont déballé la bâche (il pleut toujours...) qu'ils ont monté sur la plage entre des tamaris. Pas d'embrouille avec le bivouac sur les côtes de Grèce, pourvu que l'on ne fasse pas de feu de bois ; le Grec semble d'un naturel tolérant et ne se formalise pas de la présence de kayakistes-bivouaqueurs sur "son" domaine. Les Français que nous sommes devraient certainement en tirer quelques leçons...

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Notre vie simplifiée a maintenant pris son rythme de croisière: manger, naviguer, dormir. Une unique séance quotidienne de cuisine le soir, pour préparer les trois repas de la journée.

Ciel nuageux encore. Nous passons trop vite Chora Sfakion et ses falaises ocres trouées de grottes, le ressac nous en interdisant l’approche. Le paysage s’assèche peu à peu, de nouveau l’ambiance des Cyclades, les montagnes en plus. Après Frango Kastello, la côte aux plages toujours aussi nombreuses perd de sa singularité.
La mer a viré au noir, le ciel est bas et couleur d’ardoise. La navigation contre la houle est désagréable.
Le ciel finit par mettre ses menaces à éxécution: c’est sous la pluie que nous débarquons à Plakias. Nous avons froid plus à cause du vent et de la fatigue que des températures car il fait 20°. Tamaris, transats, un tuyau dispensant de l’eau douce: l’agréable routine.
Nous nous endormons rapidement, serrés sous une bâche attachée aux branches, mon hamac suspendu au dessus des 2 transats de Tristan et PE, l’espace est réduit, il pleut fort.   suite >