Nous y retournerons    Les plus belles sections

De Kissamos à Vái, tout est bon sur cette partie de la Crète. Néanmoins si vos jours sont comptés et que vous disposez d’une voiture sur place, voici quelques morceaux choisis à déguster en toute lenteur. 

• Paleochora > Chora Sfakion (57 km) 

Un must qui croise la sortie des gorges de Samaria et longe en partie le fameux sentier de grande randonnée E4. On entre là dans le saint des saints. On y croise de nombreuses constructions troglodytes dont certaines encore utilisées. Longeant les plus hautes montagnes de Crète, cette côte très boisée offre une infinité de bivouacs. 

Vous pouvez rallonger légèrement le parcours pour découvrir encore de nombreuses grottes marines sans dépasser toutefois Frango Kastello à 20 km à l’Est de Chora Sfakion. Il faut ensuite revenir sur ses pas pour prendre le ferry qui vous ramènera à Paleochora car la navette par la route est assez dissuasive: 142 km l’aller simple.

• Matala > Lentas > Tsoutsouros  (69 km) 

Départ de Komos Beach, 2 km au Nord de Matala, la mise à l’eau y est plus simple.

On longe de belles falaises de calcaire doré et passé le Mont Kefali de superbes petites criques sont autant d’invites au farniente. La côte Ouest du Cap Lithino doit absolument se naviguer en fin de journée pour profiter de la lumière qui entre dans les grottes, certaines étant vraiment très profondes. De Lentas à Tsoutsouros, la côte est vierge et très impressionnante, les plages à bivouac nombreuses mais les débarquements à l’est de Trafoulas délicats en cas de houle mais pas impossibles. Le paysage est déjà très nord-africain, la navette par les terres fait elle aussi 69 km.

Une destination “Dodecanese” réclame plus de préparation et d’aguerrissement mais l’émerveillement est au rendez-vous. 

• tour de Kassos (40 km) et tour de Karpathos et Saria (145 km).

Îles joignables par ferry depuis la Crète (ports de Sitia et Heraklion) ou Rhodes dont la vieille ville cernée de remparts vous replonge au temps des chevaliers: époustouflant. Karpathos possède les plus belles criques du Dodécanèse et si vous aimez également marcher, ses sentiers de randonnée sont réputés.

Programmer son séjour en Mai/Juin ou Septembre/Octobre pour le tour complet des îles. L’été, seules les côtes au Sud et à l’Ouest sont protégées des vents dominants. La côte Nord-Ouest de Karpathos est très sauvage mais aussi très exposée au Melthem. La côte Sud-Ouest de Kassos est absolument vierge avec quelques grottes et en moyenne un bivouac possible tous les kilomètres. Les faucons y pullulent. Le détroit entre Kassos et Karpathos (6 km) ne doit s’entreprendre que par mer belle, sinon: ferry.


Le kayak à la voile

41% de notre voyage, soit 305 km, fut réalisé à l’aide de nos voiles, parfois même sans se servir de la pagaie, en corrigeant simplement le cap au moyen de la dérive rétractable. La voile, le plus souvent, ne nous dispensait pas de pagayer mais nous faisait gagner quotidiennement de précieuses heures. L’on pouvait de plus attraper des surfs normalement impossibles à des bateaux lourdement chargés. Une mousse calée sous une fesse permettait de compenser la gîte  en navigation au près et par vent de travers, évitant ainsi de se “casser” le dos.

Ne nombreux systèmes existent sur le marché, du morceau de toile qui ne fonctionne que par vent arrière jusqu’à l’“usine à gaz” qui transforme votre esquif en Hobie Cat; toutes sont chères. Les nôtres sont faites d’un triangle de Dacron (ou de spi) de 0,9 m2, les mâts sont des bâtons de ski emboîtés et les bômes des baguettes de fibre de verre pleines. L’écoute passe par un anneau de renvoi à la pointe arrière du kayak et un taquet coinceur permet de la régler au niveau du cockpit. Sa forme en “V” n’empêche pas de pagayer. 

Bivouac, ravitaillement, cartes, météo

 Si l’olivier est l’emblème du bassin méditerranéen, nous vouons personnellement un culte à celui qui berce nos nuits au point que ce raid aurait pu s’appeler “opération tamaris” tant ces arbres sont fréquents sur les plages et dans les villages des îles. Il se trouvait toujours quelques troncs pour suspendre nos hamacs, pins d’Alep, eucalyptus et même des palmiers dattiers mais c’est bien le tamaris qui a nos faveurs. Un bémol cependant: ses minuscules feuilles captent l’humidité de l’air et au matin il goutte sous les feuillages. Même fin Octobre, la tente est superflue à condition de disposer d’une toile étanche (tarp) pour se prémunir des averses et du soleil. Les températures ne descendent jamais au-dessous des 20° la nuit.

Aucun problème concernant l’eau: il y a des robinets sur les plages à touristes et les tavernes nous remplissent toujours gracieusement nos bouteilles. Nous avions 15 jours d’autonomie en vivres et n’avons donc acheté de la nourriture que sur la fin du parcours. Les prix pratiqués sont les mêmes que chez nous dans les supermarchés et par contre très élevés dans les petites épiceries. Nous avons usé et abusé des restaurants; la cuisine gréco-touristique n’a plus guère de secrets pour nous. 

Pour nous orienter, nous avions des copies plastifiées de carte routière au 1/700 000 ème qui se révélèrent insuffisamment précises pour que nous soyons toujours certains du nom des villages croisés. Nous avions rentré avec Google Earth quelque points GPS pour les grandes traversées jusqu’à ce que notre appareil rende l’âme, victime d’une overdose de sel; ensuite retour à la sainte trinité: compas, carte et rapporteur. En cette saison les îles se voient jusqu’à 80 km pour les plus montagneuses quand il fait beau. Un de nos compas était lumineux pour pouvoir entamer nos traversées avant le lever du jour.